La première page…

Bonjour les équilibristes

Aujourd’hui je veux dire merci à ces deux femmes magnifiques qui partagent mes baignades quotidiennes depuis deux ans.  Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiii mes naiades, les enfants du soleils, les sirènes et priez pour nous pauvres pêcheurs et je reste d’un calme olympique!! je vous love, je vous kiffe

J’avais commencé un livre  pour raconter nos aventures mais je me suis arrêtée à la première page 😂 donc la voilà!!!

Je me gare comme tous les matins sous le marronnier au dessus d’une flaque éternelle. J’ai la chance d’habiter une région où il pleut beaucoup. Tous les matins je pense que l’eau de la flaque pourrait noyer le moteur de ma voiture, mais je ne me garerais pas ailleurs. C’est la meilleure place, celle qui  m’offre le chemin le plus court jusqu’au banc.
J’arrive souvent quelques minutes après Gwendoline. Elle  attend dans sa voiture rouge qui fait face à la mienne. Derrière son volant, je distingue sa chevelure rose. Elle est penchée sur son téléphone souvent occupée à écrire des messages à la terre entière.
Je lui fais des appels de phares. J’aime bien faire ça. Ca fait rendez vous de gangsters mystérieux. J’imagine qu’on va sortir de nos voitures et que l’on va s’échanger sans dire un mot un colis contenant un corps ou de la drogue. Je ne sais pas pourquoi je pense à des trucs pareils. Je ne me drogue pas, enfin rien qui ne soit pas prescrit par un professionnel de santé et je tue encore moins des gens, à part quelques membres de la famille dans mes rêves à des moments stratégiques de l’année comme Noël.
Je me demande si elle a déjà remarqué mon petit manège.
Nous sortons de nos voitures respectives. Elle marche dans ma direction le temps que je termine de m’extirper de la mienne. Je me dirige vers mon coffre en enfilant la deuxième sangle de mon sac à dos. Je règle la hauteur de mes deux bâtons de marche. Je referme le coffre de ma caisse de luxe en appuyant sur un bouton. Je m’écarte un peu afin que la porte du coffre ne se referme pas sur ma tête.
Et nous voilà prêtes pour rejoindre le banc. Je boîte jusqu’à lui. Gwendoline marche plus lentement pour m’accompagner. Arrivées à destination, elle déplie une couverture de survie sur le banc, un côté aluminium un côté plaid à gros carreaux écossais. Nous nous asseyons, moi à droite, elle à gauche. Comme un vieux couple dans son lit, nous avons notre côté et nous n’en changeons jamais, nous avons des habitudes!
Trois jours par semaine Nadia arrive. Mercredi,  samedi et dimanche elle ne travaille pas et peut nous rejoindre. Elle est souvent la dernière. Elle installe ses affaires derrière le banc. Elle ne s’assoit pas. En y réfléchissant bien peut être que Gwendoline non plus ne s’assoit pas. Elle pose  juste ses affaires sur le banc. Tout compte fait ce banc n’est très nécessaire qu’à moi. Je ne sais pas remettre mes chaussures, ni ma culotte  si je ne suis pas assise.
Notre banc c’est le banc des baigneuses.
Un point de rendez vous pour les gens qui se baignent toute l’année dans le lac de Genévrier. Il est sur la berge, espacé des autres bancs sur le chemin du tour du lac. Il est au bout d’une fausse route, un cul de sac où les promeneurs généralement se perdent. Une bifurcation est indiquée quelques mètres avant mais elle n’ éloignent que trés peu de promeneurs  de la rive qui,  hypnotisés par le spectacle de l’eau,  arrivent  par paquet de dix jusqu’au banc. Cette compagnie, pile au moment où on se déshabille,  nous interpelle comme un vestige étrange de l’animalité de l’homo sapiens  qui fait en sorte que la nudité attire. C’est à ce moment que gwendo pense qu’elle a la plus belle paire de loches du monde, Nadia est polie et leur indique le bon chemin en les gratifiant d’un joyeux « bonne journée messieurs dames! » Et moi je râle en pensant à ces putains de phérhomones.

A coté du grand sapin, le banc est à deux enjambées de l’eau et à cet endroit précis les grosses pierres du bord s’écartent pour former un passage. L’eau y est souvent claire, le sol sablonneux et la pente douce, réunissant ainsi des conditions de baignades idéales pour immerger nos corps tous les jours de l’année.
C’est moi Constance qui suit à l’initiative de ce rituel. Pour être plus exacte une suite d’événements non prémédités de la vie ont conduit à cette habitude. Et mes chères co-lac ont eu elles aussi leur suite  d’événements fortuits qui les a menées à ma compagnie . Une habitude que l’on partage et que nous avons appelé Rituel. Nous aimons ce rendez vous et nous avons développé tout un champ lexical autour…hahaha🤣

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