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Le rituel de la tisane

EnchanThées😘

Histoire des femmes du lac
Épisode #8

Après chaque bain froid, les femmes du lac boivent une tisane.

La responsabilité de la préparation du breuvage est très bien orchestrée dans la semaine.

Mina s’en occupe tous les jours où elle ne travaille pas : chaque semaine le mercredi, samedi, dimanche et toutes les vacances scolaires.
Constance prend le relai lundi, mardi, jeudi et vendredi.

Cet emploi du temps s’est fait naturellement.

Mina est instigatrice de la préparation.
Elle adore la tisane.

Elle aime sa thermos, une belle bouteille en miroir rosé, qu’elle range dans sa housse en velours noir.
So girly !

Elle aime les tisanes.
Elle a une boîte à la maison remplie de sachets de toutes les façons : des tisanes de Noël, des tisanes aux fleurs et aux épices bio, du rooibos et des infusions de thym.
Elle a tous les parfums qui existent.

Elle aime les boîtes de tisane.
Elle en a une en bois dans sa cuisine, elle en a une « Hello Kitty » pour partir en vacances et une « Mickey » pour les pique-niques de l’été

Sa thermos, telle sa meilleure amie, ne la quitte jamais.
Posée sur sa table de nuit, elle dort avec  elle.
Elle attend la fin de la baignade sur le banc.
Au travail, elle trône sur son bureau.

Cette thermos l’encourage à boire la quantité d’eau nécessaire prévue  quotidiennement par l’Organisation mondiale de la santé.
Mina, elle, a besoin de preuves irréfutables pour prendre soin d’elle.
Parce que le goût de l’eau lui procure assurément moins de bonheur qu’une bonne clope ou un coca.

Juste avant sa tisane du lac, elle effectue systématiquement un lifting contour des yeux et ligne du menton en passant ses mains glacées sur son visage.

Ces routines matinales au froid sont les instants précieux de sa vie où sa tension intérieure peut se dissoudre un peu.
Des objets et moments sacrés pour lesquels sa détermination est non négociable.

Mina a toujours une collection de gobelets publicitaires des équipes sportives de ses garçons volleyeurs. Initialement ils contiennent sûrement de la bières ou du rosé pour les supporters sportifs
Je ne sais pas si elle aime les gobelets, mais elle se tient toujours prête à partager le chaud, crucial pour les mains des baigneuses.

Mina est l’experte du rituel tisane.

Constance fait de son mieux pour maintenir cette maestria… Comme elle est tête en l’air, elle s’applique du mieux qu elle peut.

MAIS..

Sa tisane est déjà restée sur la table de sa cuisine.
Et il a pu arriver que sa thermos soit là sans les gobelets.
Et même une fois, elle a oublié de mettre le sachet d’infusion dans l’eau chaude.
Constance a quand même bu. Gallou n’a pas trop aimé si bien qu’elle s’ést essayé à l’exercice.  Le résultat : une camomille tiède qui a definitivement motivée Constance à se concentrer et gallou à la laisser faire

Un vraie cérémonie de preparation, cette tisane!

Gallou est soupçonnee de n’avoir jamais bu de tisane avant le lac…
Elle serait plutôt team café ou soupe.

Autre point très important : la température de l’infusion.

Mina prépare toujours sa tisane ultra chaude, sa bouilloire n’indique pas les degrés Celsius.
Constance est sensible à ces températures, alors lorsque c’est son tour de preparation, elle ajuste.
Sa tisane est à 95 degrés les jours de grands froids, pour bien réchauffer les mains, et à 80 degrés les autres jours de l’année.

Gwendo, elle, ne fera jamais la tisane.
Elle n’aime pas boire.

Au début de cette aventure aquatique , elle l’a annoncé clairement :
« Je n’aime pas l’eau, ça fait pisser ! »

Un temps, elle a été suivie  par un coach de santé, pour perdre du poids. Une alarme sur son téléphone lui suggérait la soif à intervalles réguliers dans la journée.
Ce rappel sonore n’existe plus, car elle a rétabli son hydratation.

Mais ça ne la dérange pas de passer son tour pour la tisane, surtout si c’est fenouil.
Le goût préféré de Constance.

Gwendoline a horreur du fenouil : ça lui rappelle son allaitement, elle a peur que ça remette ses seins en route.
Et quand c’est gingembre, elle dit toujours, avec la gouaille qui la caractérise :
« je vais encore bander toute la journée !! »

Ce qu’elle préfère, ce sont les fruits rouges.
Mina aime tout sauf ça.

Autour du rituel  tisane,  les femmes du lac acceptent  de partager des goûts différents — parfum, température, vitesse d’absorption — c’est le moment des  discussions les plus intenses, de la bonne humeur. Elle peuvent se souhaiter une bonne journée et courir faire pipi.


Constance

Les femmes du lac #épisode 7

La neige est là depuis le 20 novembre.
Constance n’aime pas la neige.
Évidemment, c’est beau, c’est féérique. La neige annonce Noël et réveille en nous l’excitation d’enfant devant le sapin décoré, en attendant les cadeaux.

Mais concrètement, pour Constance, la neige complique tout : rejoindre le banc devant son accès au lac, coincé entre deux grosses pierres, devient une épreuve instable et glissante.

Pour faciliter la progression dans cette moclotte* blanche , Gwendo a improvisé un chasse-neige vivant. Elle a avancé en pas de patinage, suivie de Gallou qui élargissait la trace derrière elle.

Cette petite danse improvisée a permis la navigation de Constance, avec ses bâtons, et sa jambe gauche trop raide qui glissait en arc de cercle derrière elle.

En terminant la marche, Constance donnait le rythme, telle un coach sportif pour faire taire sa mauvais humeur :
— Jambe gauche, jambe droite ! Ça doit chauffer dans les quadriceps !
Et on recommence !
Oui, vous aurez de belles fesses à Noël…


Arrivée près du banc, Gwendo s’est retournée pour admirer leurs traces, comme un skieur qui regarde fièrement sa descente dans la poudreuse depuis le télésiège.

Elle a dit à Constance avec un tendre sourire:
— Regarde le chemin qu’on a parcouru ensemble !

Ce matin Mina est arrivée equipée d’une brosse à neige. Elle a nettoyé le banc des copines d’à côté d’abord et le notre ensuite. Elle a installé sa couverture imperméable pour le confort de l’ assise.  Elle s’est activée comme une fée clochette pour la communauté sans se soucier de l’intemperie.
Sur le manche en bois de sa brosse /baguette une inscription écrite au feutre noir : “pour la neige”.
Encore un coup de sa tante, qui a toujours des idées lumineuses et offre des objets , sortis tout droit d’une malle de Mary Poppins, pratiques pour chaque situation de la vie. 

Sous ce  tourbillon de magie, Gallou a repris instinctivement la petite danse de chasse neige. Elle portait des bottes de neige à franges. Constance la suivait,  regardait les franges.  Ca lui faisait penser à la marche des sioux , un jeu ou on doit poser ses pas exactement  dans l’empreinte de pas de son predecesseur, en silence. 

Leur progression dans la neige ce matin n’avait rien de comparable mais leur a permis de se souvenir du cri de l’Indien que tous les enfants pratiquent en se tapant sur la bouche.
Cet Indien qui, dans les BD ou les dessins animés, parlait “depuis le cœur” et se faisait toujours avoir par les conquistadors ou les cowboys.  Les femmes du lac étaient  définitivement  indiennes  ce matin !

Elles  se sont immergées dans le lac, en prière.
Elles ont posé leurs tristesses dans l’eau glacée. Oui ce matin le besoin  de leur rituel de bain froid leur avait fait braver la neige avec force de créativité et d’imaginaire. La nécessité de lacher l’inquiétude d’une mère pour son enfant et la tristesse d’une fille pour sa mère partie, la détermination d’occuper pleinement sa place de femme…chacune avait son besoin, sa motivation propre


Ce soir, Constance aime un peu plus la neige. Elle aime surtout cette façon qu’ ont les femmes du lac de transformer le froid en chaleur humaine et le grave serieux en légèreté. Elle sait que les bains froids du lac ont le pouvoir magique de dégeler bon nombre de tristesse et donner le sourire pour la journée.

Constance

#neige #rituel #bainsfroids #lavieenvosges #achaqueproblemeunesolution #magie #féminité #sonorité #partage #coeur







Ma Cinquantaine

Hello les équilibristes 😄


JE SENS qu’il existe un endroit à l’intérieur de moi où la joie préside.
Elle n’est ni contrainte ni soumise : elle est souveraine.
C’est un ressenti , une qualité de vie qui me plaît, qui me va bien, que j’ai envie de  propager

Cet endroit où je respire de toutes mes alvéoles pulmonaires, sans pression ni remords.
Cet endroit est appelé à être vaste.

En ce moment, il frappe à la porte de ma conscience,
il me propose d’aller l’explorer.
Il me murmure que j’ai tous les droits : les droits, les gauches, les tordus,
toutes les directions pour m’y rendre.

Il n’y a plus aucun obstacle :
juste une envie, une confiance, une communion imminente.

Un jaillissement écrit que j’avais besoin de partager

Laurence


A votre santé bleue

Toujours rester motivée

Les femmes du lac #épisode 6

Ne pas en perdre une plume 🤩


Je savais que personne ne viendrait avec moi aujourd’hui. Comme hier. Mais il ne pleuvait pas, alors j’y suis allée. Lentement, mollement, mais j’y suis allée.

Je me gare à ma place habituelle sur la flaque. Une berline noire se gare derrière moi. Je prends mes affaires et me dirige vers le banc .  Le type de la berline me rattrape :
— Excusez-moi madame, vous pourriez déplacer votre voiture ? Des voitures anciennes vont passer, et la vôtre gêne.

Je lui explique que je suis pmr (comme si ça se voyait pas, tu sais ?) Et que ça me fait suer de déplacer ma voiture. Mais en même temps… bien sûr que j’ai envie d’aider. Il a du le sentir.

Alors il me propose carrément :
— Si vous voulez, je vous déplace la voiture.

Pour réponse je lui file mes clés avec un sourire

(À ce moment-là, dans ma tête : Mais enfin Laurence, tu donnes tes clés à un inconnu qui te sort une histoire de quoi ?!)
Quand il vient me  rendre les clés au banc, on discute un peu.  Lui, il est « contrôleur » pour le rallye de voitures anciennes organisé pour des collectionneurs  Alsaciens. Il n’a pas de belle voiture, il surveille juste les étapes. Deux mondes s’entrechoquent..des gens s’amusent dans leur belle voiture et moi qui vais me baigner avec mes bâtons.

Immergée dans l’eau je souris de ce décalage.  Je sens mon corps. Et là… une plume me tombe juste devant le nez. Pas une super belle plume. Elle blanche et noire. Un oiseau vient il de la perdre ?
Je pense à Gwendo, qui dit toujours : « Une plume, c’est un signe ! » et je rigole.

L’eau est noire, mais toujours pas glaciale, juste rafraichie. Le vent, moins fort qu’hier. Les pierres de sortie sont sous l’eau, le niveau de l’eau a bien monté.

En revenant, je constate que ma voiture est sur le parking de l’autre coté de la route. Le photographe de chez fox était là pour immortaliser les voitures. Je comprends. L’ arrière plan des photos ne devait juste pas etre pollué par la présence d’une voiture de baigneuse

Mon pote Thierry ( les confitures, tu te souviens) arrive pour traverser la chaussée avec moi. On papote. Et là, une voiture s’arrête. Je pense que cela le concerne… mais non. C’est MON contrôleur qui revient me dire merci.

Voilà : j’étais partie seule au lac. J’ai croisé un contrôleur, des vieilles bagnoles, mon pote confiture, et une plume.

Tu bouges, la vie bouge

Constance

#sep #motivation #bainsfroids #cequetuprevois #lavie #oùestlacamera #legercommeuneplume


Le vent

“Chronique des femmes du lac, au vent” 🌬️🦢 # épisode 5


Ce matin, le vent etait rédhibitoire pour
Gwendo. Elle n’aime pas , ca l’ennerve.

OK pas de baignade, une grasse mat n’est pas de refus et puis j’ai mes règles!!! pfff !!

Et pourtant… comme par automatisme, je me suis levée, j’ai pris mes affaires, et j’ai roulé vers le lac.

Sur place,  La pluie tombait, le vent je ne sais pas trop ce qu’il faisait . Huit baingneuses etaient deja en train de barboter. Trop de monde pour moi. Trop de regards, ma sauvage n’était pas d’humeur sociable

Je suis repartie. J’ai contourné le lac, décidée à marcher du côté du parcours de santé. Là où le vent se transforme en coach sportif et  fait travailler équilibre et muscles profonds. Un bain de vent vaut bien un bain du lac, non? J’ai accepté ce souffle .  J’ai marché jusqu’à ma petite borne, ma limite, puis demi-tour. Les derniers mètres furent difficiles, j’ai senti l’effort dans les muscles de mes jambes, youpii!!!

Ma décision de ballade en forêt m’a offert ses présents  sur le retour à la maison. Une biche dans le pré. Un écureuil traversant la route. Comme si la nature me soufflait : merci d’être venue quand même.

Sortir, c’est déjà transformer sa journée.
Et toi, quel petit pas a changé la couleur de la tienne aujourd’hui?

Constance

#forêt #vosges #surprise #baindevent #sep #auto-immune #touslesjours


Catalpa ….et t’inquiète pas

Mon 🌳

J’ai changé.
J’ai vieilli la sep à mes côtés

Cette réalité m’a appris à revenir à mon corps,
à écouter ses douleurs,
à savourer ses délices…

Autrefois, je pouvais courir,
et je n’aimais pas ça.
Je dénigrais cette magie de jeunesse que je croyais éternelle.

Aujourd’hui, je trouve du bonheur dans les gestes simples :
débarrasser le lave-vaisselle,
étendre le linge,
boire de l’eau,
ne pas fumer,
manger des légumes…
respirer.

Je me rapproche de la terre, de son rythme.
Je me roule dans l’herbe,
je regarde les feuilles et les insectes,
j’écoute les oiseaux,
je me baigne dans le lac,
et j’admire mon catalpa.

Il y a longtemps, ce petit arbre m’est passé inaperçu.
Je l’avais pris pour une mauvaise herbe
et je l’ai sectionné avec mon sécateur.
Trop tard…

Je lui ai fait des passes de magnétisme, espérant réparer.
Et le catalpa a survécu.
Il a grandi.
Il s’impose maintenant devant la fenêtre de ma cuisine,
endroit stratégique pour nos dialogues,
car j’y passe du temps à cuisiner.
Fier et généreux, il m’accompagne.

Ses fleurs blanches, délicates comme des orchidées, embaument l’air.
Ses fruits ressemblent à de grands haricots verts.
Ses belles grandes feuilles
me donnent un sentiment de protection.

Son tronc garde une cicatrice,
souvenir silencieux de ma maladresse.

Je lui parle quand je fais la vaisselle.
Je le regarde changer au fil des saisons : printemps, été, automne, hiver…
et recommencer.

Il m’apprend à regarder le temps passer,
à savourer les gestes simples,
à trouver la magie dans ce qui semble ordinaire.

Et vous, avez-vous un meilleur ami arbre ? 🌳

Laurence

#contemplation #ressource #nature #lentement # confiance # respiration #calme


Chronique des femmes du lac #épisode 4

Coucou les équilibristes

Je me doute que vous voulez des nouvelles du lac…Il va bien!

Il a retrouvé son calme et sa solitude après l’effervescence de l’été et le grand final du  triathlon 😀.
Ma saison de nage est également terminée. Désormais je garde les bâtons pour mes bains, histoire de garder l’équilibre et contrôler ma vitesse d’ immersion.
Je ne met pas encore mes gants en néoprène ni mon bonnet de laine mais j’y pense de plus en plus chaque jour.
Température de l’eau : rafraîchie
Temps de baignade : jusqu’à ce que j’ai envie de sortir
Condition pluviométrique ce matin : crachin breton à tendance vosgienne

Nous avons bu notre tisane avec ma nouvelle petite sirène photographe sous un parapluie.
Je ne lui ai encore pas attribué de prénom. Comme ça fait trois mois qu’elle fait des petits ploufs (son expression! ), son baptême est imminent!
Nadia y est allée à 7h30. Elle fait des expériences de timing en ce moment. Elle a besoin de trouver son propre tempo. Elle veut changer de prénom aussi! Je vous rassure, elle tient toujours à notre compagnie mais a besoin d’ un coming out prénomale et d’une affirmation de soi.
Quant à Gwendo elle a donné sa langue au chat…minou minou….et les chats ça n’aiment pas l’eau, c’est bien connu ! (en tous cas pas aujourd’hui )
Alors mes cher(e)s équilibristes, si vous avez des idées de prénoms pour nos ondines en volonté identitaire, je suis preneuse et continuerai avec plaisir à vous raconter

Bisous
Constance

#bainsfroids #sororité #sep #rituel #septembre #affirmationdesoi #lavieenvoges #gerardmer #auto-immune

Alors, dans la même journée à Équilibre…

J’ai raccroché au nez d’un mec et dit bonjour à une âme…

Un certain David m’envoie un texto pour que je lui parle de mes massages en direct, et me demande si je peux l’appeler dès que je suis disponible ^^.

Je le rappelle, lui donne l’adresse de mon site internet (tous les descriptifs y sont), mais non… il veut que je lui en parle de vive voix.

Je n’ai pas des heures à consacrer à David, alors je réponds cash, me doutant de ses attentes au vu de mon expérience dans la prise de rendez-vous :

« Je ne fais pas de massage à caractère sexuel.»

Et là, il me sort :

« Pourquoi acceptez-vous les hommes alors ? »

Heu… comment te dire…

Je finis par raccrocher.

Et il conclut notre échange par un dernier texto :

« Dommage pour votre manque de confiance ! »

Alors oui David, c’est dommage… mais que pour toi.

Et tu as raison sur un point : je n’ai aucune envie de te donner ma confiance. Plus exactement, je n’ai aucune envie de rencontrer un gars pressé… heu… un gars qui a envie qu’on lui presse.

Sérieux David, tu n’en as pas marre ? Fais un truc. Apprends les émotions, le désir, le plaisir, le donner, le recevoir, la faim, la soif, la respiration, le respect, l’indépendance, la maturité… Appelle ta mère ? Ton père ? Un ami ? Parle à ta femme… Mieux, quitte ta femme… enfin je sais pas, mais fais quelque chose, David.
Tu peux t’en sortir.

Et puis, j’ai reçu un autre texto… du côté de la lumière blanche et de la force des familles d’âmes…

Un Homme.

Un qui a traversé.

Un vrai bonhomme plein de respect et d’humanité.

« Bonjour

Bonjour Laurence, je vous écris suite à la découverte de votre site et de votre parcours de vie. Avec mon épouse, nous sommes quelques jours en vacances à Gérardmer pour nous ressourcer et nous reposer. Pour être honnête, nous rêvons d’un massage depuis plusieurs années, sans avoir trouver ni le temps ni les finances pour le faire. Je sais qu’on s’y prend un peu tard mais nous aimerions tellement pouvoir le faire avec vous

Bien à vous, Carpe Diem.

V et A

À votre avis, à qui ai-je donné rendez-vous ?

Kiss and smooth

Laurence Antonio

Garrots, bavardages et cancoillotte

Suite à mon hospitalisation de jour ratée de la semaine dernière
J’y suis retournée lundi , je n’avais pas oublié de réserver le VSL !
Première victoire
C’était un chauffeur de Chez Feve-Seniura dont je me souvenais du prénom !
Deuxième victoire
Ben oui depuis 2 ans que j’utilise ce service, j’ai à peu prés rencontré tous les ambulanciers et à chacun j’ai associé un petit bout de leur vie . C’est un super moyen mnémotechnique et aussi un moyen de les épater avec ma mémoire (plus facile qu’avec ma démarche 😉).
Ils ont à peu près tous fait une reconversion pour faire ce métier.
J’adore qu’ils me racontent leur passion de l’humain (faut toujours que je m’enflamme) ou plus simplement leur gentillesse sincère envers l’autre. Ils ne sont pas tous Géromois et ont des récits de vie qui font voyager…à Lille…et jusqu’au Japon parfois. Mais chuut , je ne peux révéler ces secrets : je suis patiente professionnelle, auto-diplômée de la semaine dernière 😀.
Pour les rencontrer, il faut donc avoir besoin d’un VSL. En plus, maintenant qu’ils ont fusionné avec les ambulances Balland-Germain, il y a trop de chauffeurs-ambulanciers. Je les appelle tous Michel et pis c’est tout !

À la droite du lac, un bip a sonné. Nous sommes repartis chercher un second patient. Tout le monde est resté silencieux dans l’habitacle jusqu’à l’hôpital.
Mais arrivés à destination, le patient et moi sommes allés dans le même service, ce qui a changé la donne. Je suis allée faire la causette avec lui. Il ne s’est embarrassé de rien, il m’a tutoyée direct… et ben moi aussi ! Même s’il a l’âge de mon père.
Il l’avait dit à l’accueil : il est de 45.
Un nouveau pote , qui connaît quelqu’un sur tous les coteaux chez nous et qui a même un surnom dans le service de l’hôpital. Un vrai Géromois, quoi !

L’infirmière m’a accueillie en me félicitant d’avoir fait la PS. Elle a installé la perfusion sans questions ni reproches… enfin, pour dire toute la vérité, elle voulait faire ça mais elle n’y est pas arrivée. Elle m’a posé des garrots, frotté les endroits où passent les veines, m’a piquée quatre fois dans mes deux bras, essayant de me transformer en passoire (je lui ai promis, à l’infirmière, d’écrire ça).
Pour info : je suis un cauchemar à piqure, je n’ai aucune veine apparente. Alors les essais ratés, j’ai l’habitude . Mais c’était vraiment pas désagréable puisqu’elle est restée avec moi plus longtemps et on a pu discuté.

C’est elle qui m’avait accueillie pour le premier traitement. Elle s’appelle Christelle et elle lit des livres… et aussi, elle a des livres qu’elle appelle ses “oreillers cosmiques”. Elle est insomniaque et pense que le contenu arrive dans sa tête sans lecture, juste parce qu’ils sont posés sur sa table de nuit. Moyen mnémotechnique…

Comme j’étais assez piquée (au sens propre du terme !), elle a finalement appelé une collègue et j’ai pu recevoir mon premier cocktail en perfusion 🍸 : Celui qui fait dormir!
Je me suis exécutée pendant deux heures.

Ensuite, Christelle est venue m’apporter le second cocktail 🍸 : Celui qui fait manger!
Je me suis exécutée : hachis parmentier, cancoillotte, compote, pain… J’ai demandé si je pouvais en ravoir : du pain avec de la cancoillotte…
Et une boisson chaude, Madame Antonio ? Avec une gaufrette, des biscuits ou une madeleine ?
— Les trois, s’il vous plaît !

J’ai relu un livre que j’aurais adoré écrire : Un esprit bof dans un corps pas ouf.
J’ai regardé un navet sur Netflix (téléphone perso !).

Christelle a contrôlé ma température et ma tension toutes les 30 minutes.
— Constantes parfaites, Madame Antonio.
— Appelez-moi Constance… Constance du Lac (voix off dans ma tête).

Christelle m’a dépiquée (la classe, ce mot ! Tu ne trouves pas ?).
Elle m’a donné le prochain RDV dans neuf mois (rien à voir avec une grossesse).

Elle a appelé le VSL, que j’ai cette fois partagé avec une amie de SEP. Nous étions contentes de nous voir, puisqu’on fait partie d’une même drôle de famille.

En somme, une drôle de bonne journée. Je suis claquée, moi 😀
Des bises… beaucoup 😘😘

Laurence


🩸 Prise de sang ou prise d’otage Mentale ?


Chronique d’un Lundi à l’hôpital

Alors voilà il y a deux ans j’ai accepté un traitement d’immunothérapie pour contrer les effets insidieux de ma co-locataire indésirable , la sep (je ne discuterai ni de ma décision ni de son efficacité ici…) Alors voilà c’est une perfusion que je reçois dans mon petit bras tous les 6 mois, une fois en février et une fois en aout. Et Lundi c’était ma 4ème rdv à l’hôpital. Je dois faire une prise de sang (PS) avant d’y aller pour connaitre la concentration exacte des anti corps méchants qui font du mal à ma gaine de myéline et ainsi mesurer l’effet du traitement qui les dézinguent.

Jusque là tout est logique

Très bien, j’obéis. Je fais la première PS à domicile. Le laboratoire de ma ville me demande 60 euros. Je suis en ALD, je suis un peu étonnée car théoriquement, il n’y à rien à payer lorsque ça concerne ma co-loc. Mais je paye. Je me dis que bon, c’est la santé. C’est pas comme si je payais pour un balayage ou un lissage brésilien , je suis bien chanceuse d’habiter en France.

A l’hôpital le neurologue du service m’explique ensuite que j’aurais pu éviter de payer — que la prochaine fois, je n’ai qu’à venir directement à l’hôpital. Ils me feront la prise de sang sur place et la mesure des anticorps méchants sera gratuite. Pratique. Ok. Message reçu.

Avance rapide du temps.

Hier, je me rends donc à l’hôpital. Certes, ça ne commençait pas très bien, j’avais oublié ma journée d’hospitalisation, je pensais que c’était la semaine prochaine. J’ai demandé à mon mari de m’emmener car je n’avais pas réservé le VSL. Oui je vous l’accorde: C’est un acte manqué. J’avais envie que mon mari m’emmène . Ce sont les hoquets de l’acceptation, aussi. Parce que cette maladie comme elle est chronique, c’est tous les jours que je dois dire oui j’accepte et des fois ben, je lui dirais bien POUCE!

Et la PS je n’y avais pas pensé non plus mais là… je suis sereine puisque je vais être prise en charge à l’hôpital, comme expliqué par le Neurologue.

Dès mon arrivée dans la chambre, l’infirmière m’annonce avec un regard grave :
“Vous n’avez pas fait votre prise de sang ?”
“Euh… non… mais vous m’aviez dit que vous pouviez la faire ici ?”
“Oui mais là, du coup, c’est trop tard. On ne peut pas vous faire votre traitement.”
“Ah????.”
“Vous reviendrez la semaine prochaine.”

Bon. Je n’y crois pas une seule seconde. Le Neuro va arriver et me dire que jusque maintenant le traitement fonctionne. Donc sans aucun problème on va faire une mesure de contrôle de la baisse des anticorps. Comme c’est la 4eme fois que vous venez Madame Constance (oui je prends mon nom des femme du lac, ça me détend) , ils seront sans surprise moins nombreux . Jusqu’alors vous répondez très bien au traitement

Eh bien non. Pas du tout!!!!!

Il arrive cheveux aux vents et santiags aux pieds

« Je suis désolé on ne pourra pas faire le traitement car vous n’avez pas fait votre PS, et d’ailleurs ce n’est pas la première fois que ça vous arrive, non? »

Alors………comment te dire Cow-boy? Déjà, tu pourrais aller chez le coiffeur. Mais je vais me taire. Et c’est toi même ,en personne, qui m’a expliqué que le dosage qui coute cher, on pourrait le faire à l’hôpital !!!!! Je me tais encore et lui réponds docilement « Je comprends »

Alors en vrai, pas grand chose évidemment mais cette petite phrase me semble très judicieuse pour ma santé mentale et la sienne

Je m’apprête à quitter l’endroit charmant mais l’infirmière revient dans ma chambre :
“Attendez, avant de partir, on va quand même vous faire une prise de sang.”
“Ah bon ? Mais alors… je ne la fais pas faire à domicile ?”
“ha ben si faites-la quand même, sinon on ne pourra pas vous faire le traitement semaine prochaine. Celle d’aujourd’hui c’est pour nous, celle de demain, c’est pour vous.”

Pour moi? hm hm hm …J’ai eu une pensée fulgurante pour une caméra cachée ou l’appel trop con de Monsieur Martin sur rire et chanson, tu connais?

Puis j’ai opté pour la stratégie de survie: GARDER LE SILENCE! Ne surtout pas s’énerver, rester très, très,très polie et sincère de surcroit, parce que si je me suis fait avalée par le Truman show peut être ne suis je pas la seule…

Le lendemain , je vais donc faire cette fameuse PS “pour moi”, me demandant encore ce que cette précision pouvait bien vouloir dire. Est ce que ca pourrait être une PS pour ma collection personnelle? D’ailleurs, existe t il un nom pour les gens qui font ce genre de collection? Hematitecollector? Sanguicologue? Vampirologiste peut être?

L’infirmière regarde mon ordonnance, elle fronce les sourcils :
“Mais… pourquoi ils ne l’ont pas faite à l’hôpital hier ?”

Je la regarde, fatiguée. Elle s’excuse d’un air embêté, pensant m’avoir froissée….
“Non non, ne vous excusez pas. Merci, au contraire, de poser la question. Moi aussi je me la pose. Et vous êtes infirmière et je suis soulagée que vous pensiez comme Moi qui suis patiente.”

Ce mot, patiente, il faut le prendre au sens littéral.
Être patiente. Rester patiente. Encore et encore.
Mais parfois, ce n’est pas la patience qui me manque. C’est des explications, de la cohérence…….ou un bon traducteur.

J’y retourne lundi prochain pensez à moi

Laurence